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L'Esprit de Chamarande

Rappelons d’abord en quelques mots ce que fut Chamarande.

De 1923 à 1951, le parc du château de Chamarande (Essonne) fut le lieu du Camp National d’Entraînement (CNE) des Scouts de France. Il est destiné aux chefs scouts souhaitant approfondir et perfectionner leur art et former à leur tour des chefs et assistants d’unité au sein des Camps Ecoles Préparatoires (CEP) régionaux.

On l’oublie mais le CEP constitue la préparation au CNE. Normalement pas de CNE… pas de CEP, ni de vrai scoutisme : l’esprit des CEP et de tout le scoutisme catholique français doit découler du Camp National d’Entraînement par ruissellement.



C’est le père Sevin qui fut le premier Mestre de Chamarande grâce à la formation de 12 jours et au titre de Deputy Camp Chief qu’il reçut en Angleterre à Gilwell-Park. En tant que Mestre de Chamarande, il forma pendant près de 10 ans l’ensemble des chefs éclaireurs brevetés qui en parallèle des responsabilités à la tête des troupes ou districts, dispensaient les formations au sein des CEP régionaux. C’est ce qui permit la réussite qualitative du scoutisme des Scouts de France au début du XXe siècle.


A l’époque, pas de « galaxie » de chefs cooptés, mais une formation exigeante en 3 étapes, ouverts aux chefs en responsabilité de tout âge : camp de 10 jours en patrouilles avec d’autres stagiaires sous la direction du Mestre du CNE, suivi d’une épreuve théorique écrite et normalement d'un stage d'application. Formation au mérite : sans validation des étapes, pas de chefs brevetés.


Quant à l’esprit de Chamarande, laissons un Chamarandais de 1929 nous l’exposer :

Quand on revient de Cham, on s’aperçoit que c’est au fond une école de simplicité où l’on éprouve jusqu’à quel point le chef est resté simple scout, où il apprend qu’il doit pour réussir rester ou redevenir aussi […] gosse que le plus jeune de ses scouts. Pour moi, l’enseignement qui se dégage de Cham est semblable à celui que Notre-Seigneur donnait un jour à ses disciples en leur montrant un mioche qui devait être scout ou louveteau à la 1ère Capharnaüm : Si vous ne devenez semblable à ce petit enfant…

Cham fait pénétrer vraiment jusqu’à l’âme du scoutisme ; […] Cham est surtout excellent, sinon nécessaire, à tous les chefs qui, comme moi, se sont mis au scoutisme à 20 ans. Ceux-là [NDLR : et bien d’autres!] envisagent trop le scoutisme au point de vue « Œuvre » , ils croient qu’ils viennent trop tard pour eux-mêmes, que le scoutisme n’a rien à leur apporter à eux personnellement ; et persuadés de la valeur sociale de leur concours et croyant que ce sont eux qui apportent quelque chose au scoutisme, ils ont trop souvent tendance à faire du scoutisme par dévouement. Cham m’a appris combien il est utile, même et surtout quand on est chef, de faire encore du scoutisme pour soi-même. Le chef qui n’est scout que par dévouement, ne l’est pas vraiment. Quand on se dévoue seulement, il me semble que l’on se force, qu’on feint, qu’on n’est plus naturel. Pour être chef, il faut être scout naturellement, de l’intérieur, l’être encore et toujours par attrait personnel, et pratiquer son scoutisme non seulement pour « sauver et servir son prochain » mais encore pour réaliser la conquête de soi-même et forger son propre caractère. 


Alors, chefs et commissaires de tous âges, n’oubliez pas de penser à vous ! ; soyez en chemin vers le Départ Routier et garder l'habitude du terrain et des marches/bivouacs avec d’autres routiers. C'est la seule façon d'être et de rester scout pour le plus grand bien des frères dont vous avez la charge!

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